Réfléchir sur trois fois rien, demeurer dans le léger pour ne pas s'abîmer dans le grave.

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Néo est parti pour le grand voyage dont on ne revient pas sur Terre

(Photos du 4 avril… et du 6 juillet)

Ces six derniers mois ont été de plus en plus difficiles…

Il a perdu la moitié de sa masse corporelle au fur et à mesure que ces boules de cancer se développaient au point de devenir une énorme masse sur le flanc droit de son corps et appuyée sur sa colonne vertébrale.

Décider du moment où l’euthanasie devait lui être imposée n’a pas été…

Le 5 juillet, nous nous y étions préparés et allions la demander à notre vétérinaire mais notre petit compagnon a soudain, grâce aux médicaments, repris un peu de vie : dans la nuit il a souhaité me rendre visite alors qu’il ne venait plus, ne pouvant plus grimper sur mon lit. Il m’a demandé de le porter, puis après un câlin, il a souhaité redescendre.

Dans la journée du 6, il a même chassé deux insectes dans le jardin avant de se mettre à l’abri sous la remorque parce que les geais et corbeaux l’avaient repéré depuis plusieurs jours et  le surveillaient (comme nous qui les éloignions). Il s’est donné une dernière occasion de suivre son soleil, qu’il adorait tant… de « chasser » en observant les pigeons qui le narguaient en becquetant dans la pelouse pas loin de lui. Puis il est monté. Plus tard on l’a aidé à descendre encore une fois ou deux… pour s’étendre sur son coussin préféré…

Le 8 nous avons appelé pour prendre rendez-vous et lui dire adieu mais ce ne fut accordé que le 10 à 17h. Le dernier jour fut un renoncement à la vie pour lui. Depuis une semaine il avait élu domicile dans le placard de la pièce où il a toute sa vie aimé dormir sur le bureau ;

là, il n’a pas voulu rester sur le balcon, le matin à la fraîche et est retourné obstinément (deux fois) dans son placard. Il a réussi à boire mais n’a rien mangé de tout ce que Geo lui a préparé pour tenter de l’intéresser à la nourriture.

Le  10 au soir, c’est moi qui l’ai pris dans mes bras pour l’emmener. Inutile de raconter la suite, sauf qu’il s’est « battu » jusqu’au bout pour ne pas nous laisser, grognant encore en s’endormant.

Nous l’avons couché dans son dernier lit et bien enveloppé. Le lendemain matin il y était exactement comme nous l’avions disposé; nous l’avons vérifié. Il dort et, j’en suis sûre, il veille encore sur nous… Toujours il veillera.


Néo fait sa vie tant bien que mal…

Son cancer de la peau évolue malheureusement.

Il faut le pousser à manger  pour qu’il n’oublie pas de bien se nourrir. Il a déjà perdu 600 grammes de son poids d’il y a un an…

Les deux boules de peau les plus grosses sont comme des noix et il n’aime pas trop qu’on les touche…

Néanmoins il mène sa vie en suspens sans donner l’impression de souffrir… Qu’en est-il vraiment, nous ne le savons pas.

Nous profitons des jours de sursis avec reconnaissance pour ce hasard… qui nous l’a condamné mais qui nous le laisse quelques temps encore.

 


Mon circuit imprimé:

Un de nos appareils numériques, tombé en panne il y a longtemps, m’a intriguée au point qu’avant de le jeter… je l’ai entièrement démonté.

Les boulons, les fils, les boutons m’ont encrassé les doigts mais j’ai eu le plaisir de voir des circuits imprimés qui m’ont fait penser à nos vies...

Il était beau, finalement, le cœur de cet objet

Et qu’il  est facile de comparer ces plaquettes où une connexion est devenue obsolète… au cours de nos vies incomplètes.

Il y a des chemins indiqués, des dates (des futures aussi) marquées ici et là…

La couleur verte resplendit sous le soleil et les soudures ressemblent à des rencontres importantes.

Quel grand ingénieur a fondé nos existences?

Où vit la source de notre essence?

Par quels tracés inscrit-il ma  présence?

Dans quelle impasse  veut-il que je devienne absence?

Au bout de ce trajet sans issue?

Dois-je me perdre dans cette rue?

Pour demeurer tourner la roue d’une bobine ventrue?

Si les années passées sont perdues

Un autre futur ne peut-il être en vue?

Mon circuit reconnecté luit de possibles collectés


PAUCA VERBA DE EIS QUI HIC ERANT…

« Quelques mots au sujet de  ceux qui étaient  ici »… et qui n’y sont plus qu’en pensées.

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Cette image montre Néo à travers un cache pour dire que la semaine passée,  un autre de mes voisins  a pris le départ pour l’autre monde…

La maladie et le grand âge ont précipité le départ, vers un ailleurs inimaginable, de ces aînés que j’avais rencontrés avec tant de plaisir, de ces voisins qui nous avaient accueillis dans leur quartier et fait l’honneur de nous inviter chez eux.

J’ai, bien sûr, exprimé  à leurs épouses, qui m’ont manifesté tant d’amitié, que je conserverai toujours le souvenir vivace de leurs époux, si bons pères pour leurs familles, si estimables pour tous.

Je veux  placer ici, où j’ai déjà évoqué le couple de Pierre qui m’avait impressionnée par la beauté de leur amour fidèle, quelques pensée pour nos deux amis. Chaque  fois que je cliquerai sur cet article, ce sera comme rallumer la flamme de leur sourire.

Le prénom de Rissel résonne comme un écho dans celui de son fils et tous deux se ressemblent tant que mon voisin d’en face est très souvent de retour dans ma mémoire. Sa jovialité, ses excellents conseils, ses grandes qualités dans  la pratique de son art (la plomberie), ses conversations enrichissantes, sa générosité, son charme de Méditerranéen, son rire franc, son caractère si agréable et ses bons mots… Je n’en oublie pas une miette.

Xavier est pour toujours « le golfeur », dans mon esprit.

golfeur

Il pratiquait encore en juillet ce sport qu’il aimait tant.  Son élégance naturelle, sa gentillesse profonde, son altruisme, sa compétence en tant que Président de notre résidence, son amour de la Nature, sa présence tutélaire qui nous rassurait tous, le ton si paternel avec lequel il s’inquiétait du bien être de chacun en s’avançant pour nous serrer la main, de cette façon unique qui n’appartenait qu’à lui,  font que ce Monsieur si attentionné pour son épouse  ne peut pas s’oublier non plus.

Ces deux bons pères ne se promènent plus dans leur jardin, où je les apercevais avec tant de plaisir… Mais je suis sûre que, quelque part, l’un blague avec les anges tandis que l’autre joue au golf du Paradis…

Et je pense à ceux qui restent…

(J’illustre mes propos avec des photos qui me paraissent suggérer qu’il existe, ce lieu, là tout près,  où tout ceux que j’ai appréciés peuvent s’évoquer…  Une dimension parallèle à trois pas d’ici.)

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